Les Passeurs de Lumière

Une fraction de seconde et tout bascule…
En rentrant de son service, Elisa, jeune serveuse londonienne, voit sa vie tourner au drame.
Personne ne sait de quoi demain sera fait.
Encore moins lorsqu’il est question de l’après…
Et si la fin n’était que le commencement ?
D’autres projets semblent avoir été tracés pour elle.
Elisa découvre l’univers des Passeurs de Lumière.
Plus qu’une simple mission, c’est une véritable destinée qui l’attend. Aidée par un mystérieux “Protecteur”, Jared, elle devra assumer le poids de cette responsabilité, et rester maîtresse de ses sentiments, dont beaucoup d’âmes dépendent… au risque d’y perdre la sienne et de se brûler les ailes.

Sera disponible partout dès sa sortie le 16 décembre 2019.



Aïe.

Ma tête résonne sous les assauts d’une migraine Babyloneique.

Une chaleur irradie dans mon cou, mon dos, mes jambes.

J’ouvre les yeux, mais tout est flou, je ne discerne que des formes, des couleurs, des lumières…

Complètement déboussolée, je tente d’acclimater ma vue et mon ouïe à ce qui m’entoure, et parvins enfin à prendre conscience de la situation.

Je suis au volant de ma Chevrolet, ou du moins, ce qu’il en reste. Un lampadaire traverse son capot de part en part…. 

Soudain ça me revient.

Le feu rouge… L’accident…

Un véhicule m’a percutée de plein fouet. Ma voiture s’est alors mise à tournoyer si vite que j’en ai perdu tout contrôle. Ensuite, c’est le néant.

Paniquée, j’examine mon corps. Pas de sang, ni fracture apparente. Je palpe mes bras, puis mes jambes : ils sont légèrement endoloris, mais rien de plus. Impossible !

Tel un zombie, j’avance doucement et fébrilement vers le trottoir. Une légère brise vient balayer les mèches de cheveux qui jonchent mon visage. Je souffle profondément.

Il s’en est fallu de peu…

Retrouvant doucement mes esprits, je m’avance vers la chaussée et j’agite les bras pour faire signe au véhicule gris qui s’approche. Il me faut de l’aide. Je ne souffre pas, mais je me sens perdue, vaseuse.

La voiture arrive devant moi, mais ne prend pas la peine de ralentir. Son conducteur n’a même pas daigné me regarder. C’est à peine s’il jette un œil à la carcasse de ma vieille jeep. J’aurais préféré oublier l’époque à laquelle on vit…

Déterminée, je m’avance un peu plus près de la route pour stopper le véhicule suivant, une berline blanche. Celle-ci passe son chemin, exactement comme son prédécesseur.

— Haaaaaaaa !

Une main se pose sur mon épaule et par réflexe je fais volte-face.

Un homme me dévisage. Il est plutôt grand, et quelque chose chez lui m’ôte les mots de la bouche. La pâleur de son teint contraste étonnamment avec le noir de ses cheveux longs. Deux prunelles azur me sondent avec une bienveillance déstabilisante.

— Tout va bien… me souffle sa voix qui se veut rassurante.

L’inconnu a toujours sa main pressée sur mon épaule, mais cette fois-ci, elle ne me fait plus peur, elle m’apaise et m’évite de tomber à la renverse.

Mes pensées s’entrechoquent dans ma tête, dans tous les sens.

Comment puis-je m’en être sortie si bien ? Et qui est ce type ? Un secouriste ? Il ne porte aucun uniforme, juste un manteau noir et un jean assorti…

— Ma voiture, je devrais être ….

— Morte… finit l’homme au-dessus de moi.

Un frisson indescriptible parcourt alors mon échine, mon sang se glace. Le regard de cet homme s’avère bien trop grave pour que mes sens ne s’alertent pas. 

Je me retourne vers ce qu’il reste de ma voiture sur la chaussée, le cœur en pièces.

Oh -mon – Dieu.

Là, devant moi, dans la Chevrolet, gît une personne, coincée entre le siège conducteur et le volant. Le corps est maculé de sang. Les cheveux recouvrent le visage mais ne m’empêchent pas de la reconnaître. 

J’ai l’impression d’être au bord d’un gouffre sans fond.

— C’est… moi…

En quelques minutes seulement, des gens s’agglutinent tout autour la carcasse métallique. La foule semble horrifiée, divisée entre une curiosité malsaine et la volonté de me venir en aide.

Plongée dans l’incompréhension la plus totale, mes jambes vacillent et je sens les bras de cet homme me retenir. Mon regard se voile. Ma vision se brouille. Mes oreilles sifflent. Je me sens partir, et de nouveau, je m’effondre.