Wild Son

Il pensait avoir trouvé le juste équilibre, fait table rase du passé.
Son club, sa famille, son royaume.
Elle voulait recommencer à zéro, loin des siens.
Sa liberté, sa folie, sa vie.

Voilà cinq ans que Casey a repris le flambeau derrière son père à la présidence du club des Wild Crows, un gang de bikers qu’il a su remettre dans la légalité au fil du temps et aux prix de nombreux efforts.
Alors que les affaires fleurissent et que son engagement quotidien porte ses fruits, le destin met une jeune femme sur son chemin. Charlie, une tornade explosive capable de tout balayer sur son passage, y compris les cicatrices d’un passé trop sombre.
Pourtant, Casey le sait : ne jamais oublier. Comme unique solution à ses propres fantômes, le jeune homme s’est endurci, ses responsabilités l’ont rendu méfiant, à juste titre.
Le club est sa raison de vivre. Ses frères avant tout le reste.
Alors pourquoi la venue de Charlie dans les parages sème-t-elle autant le doute sur ses convictions ?
Quelle raison le pousse ainsi à creuser ce dossier « à haut risque », marqué d’un sigle ennemi ? Quand la tentation devient si dangereuse, doit-il fuir pour protéger les siens ou succomber pour obtenir les réponses tant espérées ?



Putain. C’était la troisième bagnole qui me passait devant sans s’arrêter. Comme si l’humiliation ne suffisait pas, un nuage de poussière la suivit jusqu’à ce que j’en tousse. La poisse.

 — Va te faire foutre ! hurlai-je au conducteur fou qui traçait à l’horizon.

Exaspéré, je m’avançai sur le bitume et tentai le tout pour le tout. La circulation n’avait rien de dense dans les parages. Je commençais sérieusement à envisager de partir à pied. Mais à ce rythme, j’en avais pour deux ou trois jours. Le marathon ne me tentait guère. Blasé, je décidai de m’asseoir et d’attendre là que quelqu’un daigne enfin s’arrêter. Rien ne se produisit. J’allais péter une pile. En prime, j’étais mort de fatigue. Puis le hasard intervint. Un moteur enroué s’approchait. Je contemplai l’horizon, en quête de mon nouvel espoir. Une vieille Mustang apparut, le noir luisant sous les rayons du soleil. Je me redressai sans pour autant quitter le milieu de la route et levai les bras pour signaler ma présence. Aucune échappatoire possible, cette fois. Le véhicule stoppa net et un sourire naquit sur ma trogne. Je détaillai le conducteur – la conductrice en l’occurrence. Un chignon blond, des mèches en pagaille, lunettes noires vissées sur le nez, et pas franchement l’air ravi de trouver un piéton devant ses roues.

 — Tu peux dégager de là ? Je n’ai pas que ça à faire ! hurla une voix fluette depuis la Mustang.

Je restai une minute comme un con avant de me marrer. Elle klaxonna.

Bien décidé à ne pas troquer ma chance de me barrer du coin pour une question de fierté, j’approchai du véhicule et posai une main dessus en me penchant vers la conductrice, visiblement peu encline à la causette. La chance me souriait : elle n’avait pas démarré quand j’avais contourné la bagnole pour la rejoindre, elle aurait pu.

 — Salut, entamai-je la discussion. J’ai besoin de faire quelques bornes en direction du sud…

 — Je vais à Elk Grove, me répondit la blondinette, sans plus d’états d’âme.

Je réfléchis une minute avant d’enchaîner.

 — Tu pourrais me déposer sur la route, alors ?

 — Je pourrais.

Son indécision m’intrigua.

 — Je te paierai, si c’est que ça…

 — Si t’as du blé, pourquoi tu n’prends pas le bus ? Il y en a un toutes les deux heures.

Elle visa juste et j’esquivai sa remarque d’un sourire joueur.

 — J’ai du blé à destination, pas sur moi. J’avais pas prévu de tomber en rade de moto…

 — Donc si je te dépose à Sacramento, tu finiras à pied et je ne verrai pas la couleur de ton blé, résuma-t-elle sans perdre le nord.

 — On peut arranger ça, au pire, je te l’enverrai.

Elle souleva ses lunettes d’un doigt et me fixa sans détour avec deux yeux bleu-gris qui me désarçonnèrent.

 — Parce que j’ai vraiment l’air d’une idiote que tu peux berner en un claquement de doigts ?

Je venais de tomber sur un cas.

 — Non, j’ai jamais dit ça.

 — Tu vas où, exactement ?

 — Monty Valley.

 — Monty Valley, hein ? souffla-t-elle pensive. Je peux te déposer, ce n’est pas un si gros détour. Mais tu me rembourses l’essence du trajet complet. Ça compensera l’effort.

 — Ça me va, acceptai-je.

Quel autre choix avais-je ? J’étais au beau milieu de nulle part, sans bécane, sans téléphone ni argent. Je n’avais même pas mes papiers d’identité et ce connard qui tenait le garage local ne m’avait pas permis d’appeler une seconde fois quand j’étais tombé sur le répondeur du Devil’s et du garage.

 — Grimpe, finit-elle par me lancer.

Ni une ni deux, je fis le tour de la voiture et pris place sur le siège passager, soulagé. Elle démarra avant que je n’aie le temps de m’attacher, pied au plancher.

Je retins un petit rire amusé pour ne pas froisser la pilote, visiblement peu encline à la plaisanterie.

 — J’ai dû voir passer une dizaine de bagnoles avant de tomber sur toi, finis-je par lui expliquer. J’ai bien cru que je n’arriverais pas à me tirer de là. Les gens ne pensent qu’à leur gueule. Si t’es en galère, tu peux toujours crever la gueule ouverte avant que l’un d’eux ne s’arrête.

 — C’est logique, décréta la conductrice sans lâcher l’horizon de ses lunettes noires. Les gens flippent. Ils ne savent pas à qui ils ont affaire. Laisser un inconnu, un homme qui plus est, monter à bord de leur voiture, ça craint. Qui leur dit que tu n’es pas un serial killer ou un violeur recherché ? Avant de juger, mets-toi à leur place.

Voilà que Miss Blondie me clouait le bec. Je n’appréciai guère mais fus bien forcé de mettre de l’eau dans mon vin si je tenais à ne pas marcher des jours pour rentrer chez moi.

­ — OK, les gens ont peur. Mais toi, alors ?

Ma remarque fit mouche. Elle me jeta un bref regard avant de se replonger sur sa conduite. Elle ne bougea pas même un sourcil, se donnant un air hermétique à toute émotion.

 — Moi, je n’ai pas peur. Je sais qu’en cas de besoin, je serais capable de me défendre, homme ou pas.

Mademoiselle « je sais tout » avait vraisemblablement une confiance illimitée en elle-même. Tant mieux si ça lui convenait. Je lui souhaitais de ne pas tomber sur un véritable cinglé. Elle fixait la route, et je décelai chez elle ce besoin impératif de se donner des grands airs, durs et insondables.

 — Qu’est-ce que tu faisais à Chester ? finit-elle par me demander.

Une seconde plus tard, elle faillit se rétracter.

 — En toute honnêteté, je m’en fous, mais quitte à passer quatre heures ensemble, autant discuter…

Je venais de tomber sur un phénomène…

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